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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 21:28

" Après Meetic, e-darling, Edenflirt, Easyflirt, Serencontrer.com, Becoquin et autres ...

 

Voilà je me cogne Adopte un mec.

Mais dans un soucis de parité ( ben oui c'est important ), j'ai refait un de mes petits tests mais version nana."

 

J'ai mis 50 personnes dans mon panier, reçu 46 réponses et j'ai discuté avec finalement plus d'une vingtaine de personnes ... le résultat est éloquent ...

 

1/ Après le charme, le message d'accroche

 

Un véritable feu d'artifice de nullités:

"Bonsoir Vraiment très mignonne Tu passe une bonne soirée ?"

"Salut julie! J'espere que tu va bien!Moi c'est joris!"

"Hello. Comment vas tu ? Que recherche tu ici ?"

"salut toi! qu es tu fais de beau sur lyon ?"

"Hey Julie tu vas bien ? Ça marche le shopping ?"

"Salut la jolie julie ! tu es une vrai blonde comme ça pour savoir ? lol"

"je suis ravis de faire ta connaissance, soooo cuute vraiment"

"Hello Jujulie...j'me présente,j'm'appel Cocolin ...lol...non moi c'est Colin,merci de me donner la possibilité de discuter avec toi je suis curieux de découvrir plus que ce que t'as page dévoile de toi...."

"Atchoum"

 

Bref, ce qui est clair c'est qu'avec des accroches pareilles, à moins d'être un super beau gosse qui contact une nana superficielle, je ne vois pas comment ça pourrait donner envie de répondre.

Le pire, c'est quand tu clash ce type de gars, ils se vexent et insultent ... le comble de la médiocrité.

 

Donc malgré cette très grande majorité de messages sans aucun intérêt pour moi, il y a malgré tout des messages sympas, marrants, intéressants ( 6 au total sur 46 ).

 

2/ Les échanges

 

Quelques rares discussions sympas, qui tournent très vite à la demande de rencarts. Je n'ai pas pu allez aussi loin, vous imaginez bien ;-)

Mais ce qui me choque le plus dans l'ensemble, c'est ce que les mecs sont prêts à supporter. J'ai essayé un grand nombre de style de comportements : de la chieuse, en passant par la salope, la prétentieuse etc...

Quoi que je dise, tout passe. Pire, les mecs se plient en quatre pour supporter et être arrangeants malgré certains propos odieux que j'ai pu tenir délibérément. Plus je poussais, et plus je me rendais compte, qu'ils étaient prêt à tout accepter pour un rendez vous...

A la fois j'ai trouvé ça gentil, mais triste de voir autant de mecs ravaler leur égo à ce point.

En même temps il faut être réaliste: une nana pour 8 mecs en moyenne, des nanas littéralement harcelés par une cohorte de mecs qui essaient de marquer des points, et des demoiselles qui en profitent de manière plus ou moins conscientes.

 

 

3/ Conclusion

 

Quel intérêt pour une nana pas trop moche de faire le moindre effort quand une horde de mecs sans aucun ego se bousculent pour les conquérir? Beaucoup on fait le choix de la facilité, comme je le disais dans mon article sur les e-princesses... finalement tout se recoupe.

Pour citer Oscar Wilde: "Chaque fois qu'on produit un effet, on se donne un ennemi. Il faut rester médiocre pour être populaire."

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:45

Dans l'épisode précédent:

[Après Meetic, e-darling, Edenflirt, Easyflirt, Serencontrer.com, Becoquin et autres ...

 

Voilà je me cogne Adopte un mec.

Mais dans un soucis de parité ( ben oui c'est important ), j'ai refait un de mes petits tests mais version nana.]

 

 

Bon, voici les résultats du test, que j'ai finalement poussé sur 72h:

 

recap.jpg

 

Observations:

1- durée & moments de connexion

Deux données importantes que j'ai constaté à travers le test:

La durée:

Plus tu te connectes, et plus tu as de visites et donc de charmes, ça parait évident mais la différence est vraiment monstrueuse: 129 charmes en 2h de connexion, 60 charmes en 22h hors ligne (189-129),

dans le 1er cas, je suis à 1,075 charmes / minutes, dans le 2eme cas 0.045 charmes / minutes , soit 24 fois plus de charmes en étant connecté !

Le moment:

Les pics de connexions sont entre 18h et 21h, là aussi ça parait évident: les mecs travaillent ou sont en cours

2- Ecart entre les deux courbes ( charmes et visites )

Je me suis demandé pourquoi le ratio visites/charmes varie.

Le 1er jour, je suis sur un ratio de 2,74, cad un charme toute les 2,74 visites

Le 2nd jour, je suis sur un ratio de 2,6

Le 3ème jour, je suis sur un ratio de 2,87

L'explication réside dans le fait que certaines personnes, charme une fois et repasse le lendemain sur le profil, sans charmer. Cette explication est justifiée par 2 choses: le nombre de charme chez les mecs est limité, de plus un certain nombre de filles m'ont expliqué que les mecs passaient régulièrement sur les profils pour essayer d'accrocher le regard et l'intérêt d'une nana... logique.

Pour approfondir tout ça il faudrait faire un test sur un mois au moins ... mais bon, je ne suis pas non plus anthropologue ;)

Conclusion:

La 1ère chose qui m'a vraiment surpris a été le nombre de visites par minute de connexion: toutes les 17 sec en 1h de connexion et 1 charme toutes les 3 visites.

Donc si une nana lambda veut faire les choses biens, à savoir, visiter tous les profils des "charmeurs", une visite prenant en moyenne 30 sec en étant un minimum concentré. Cela veut dire que la pauvre n'a que 20 sec entre chaque charme pour aller aux toilettes, répondre au téléphone, faire à manger, lire mon blog, répondre à ses mails etc... Et pour l'avoir testé, c'est ingérable ( et moi je ne passe pas 2h au téléphone avec ma best friend ).

Donc c'est véritablement du harcèlement logiquement intraitable même avec beaucoup de bonne volonté.

la 2ème chose intéressante que j'ai noté, si on veut optimiser son inscription: choisir des horaires de pointe, et rester connecté un maximum ( même en étant passif, cad avec la page ouverte mais en faisant autre chose )

Enfin, vous verrez plus bas les captures d'écran aux différents stades du test qui prouve bien mes chiffres. J'ai commencé à accepter des discussions, et ça envoie du très très lourd...

 

Capture1heure

Capture2heures

Capture24heures

 

Capture48heures

Capture72heures

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:28

Après Meetic, e-darling, Edenflirt, Easyflirt, Serencontrer.com, Becoquin et autres ...

 

Voilà je me cogne Adopte un mec.

Mais dans un soucis de parité ( ben oui c'est important ), j'ai refait un de mes petits tests mais version nana.

Je vocifère souvent à l'égard du comportement de certaines sur les sites de rencontres, mais qu'en est il réellement des nanas ? parce que c'est bien beau de casser du sucre sur les nanas, mais comment le vivent t elles ?

Pour ce faire, je procède comme d'habitude:

 

Méthodologie:

 

- Je crée un faux profil ( oui je sais honte à moi) , le but étant pour ne pas fausser le test de prendre des photos réelles non retouchées( merci Julie ) d'une nana mignonne sans en faire des tonnes:

Pas de décoltés plongeants, 4 photos dans différentes tenues sympas mais assez sobres.

- Des détails persos assez simples et passe-partout:

Âge

24 ans

Réside à

Lyon 1er

Yeux

noisettes

Cheveux

mi-longs, blonds

Mensuration

165 cm, 55 kg, normale

Style

chic

Origine

européennes

Signes particuliers

tatouages, piercing

Profession

Alcool

de temps en temps

Tabac

de temps en temps

Alimentation

mange de tout

 

- Une annonce simple et banale comme on en voit beaucoup:

"une nana sympa, nouvelle sur le site pour des rencontres agréables"

On ne pourra pas dire que j'en fait des tonnes pour attirer le chaland

 

- Evidement, je zappe la partie sexo, beaucoup trop racoleuse.

 

- Enfin, j'attends...

 

Etude:

 

Aspect quantitatif:

Nombre de charmes au bout de 25min, 1h, 2h, 24h, 48h

Nombre de visites au bout de 25min, 1h, 2h, 24h, 48h

 

Aspect qualitatif:

je vais mettre au hasard (en essayant de respecter des critères d'âge)  50 personnes dans mon panier et lire leurs réponses.

Je vais entretenir une conversation avec 15 personnes au hasard, là encore le but n'étant pas de faire le tris.

 

Resultats:

 

A venir dans 48h environ ...

 

J'en salive d'avance ...

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 20:31

Badoo, Meetic, e-darling, Adopte un mec ... Même combat... les e-princesses sévicent.

 

Là je vous vois les yeux grands ouverts en vous disant: mais qu'est ce qu'il nous raconte encore celui là ? il parle du syndrome du prince charmant version femme ?

 

Ah mais non que neni ami internaute! attend attend, je t'explique:

La e-princesse, est une nana sur un site de rencontres, qui grâce la plupart du temps à ses photos ( oui parce que faut quand même pas se leurrer) , devient extrêmement populaire et courtisée ( oui je la fait soft aujourd'hui). Du coups son égo est flattée à outrance par une cohorte de males qui cherche à la séduire et principe de base son "narcisse" (ego) s'envole et lui donne une impression de toute puissance. Ben oui, il faut le reconnaitre, des centaines de mecs qui te flattent, ça a de quoi faire tourner la tête. Alors, notre e-princesse se met à rever du prince charmant, du mec parfait, parce que finalement, sur ces centaines de prétendants, il doit bien y avoir le male alpha dans le lot...

Fière de cette déduction, souvent bien inconsciente, notre e-princesse, se prend pour une reine, plaçant la barre de plus en plus haut, traitant cette horde de pauvres gars comme de bons vieux produits de supermarchés ( et qu'on me sorte pas une connerie du genre: "ben c'est le concept d'Adopte"... ben non connasse, Adopte c'est du second degré).

Bref notre e-princesse est sur son trône et attend pendant que des dizaines de mecs défilent devant elle. Hé oui jeune internaute, la dame, ne fait que se comporter comme un produit marchand: peu d'offres, cent fois plus de demandes, le tarif grimpe en flèche... Bon ok, mon prof d'éco va hurler en lisant ça... mais ça se passe comme ça.

Du coups, le pauvre gars en face à le droit de lire des messages du type:

" non désolé pas assez de cheveux, 1kg de trop, salaire pas assez élevé, quoi tu aimes le rap ? dégage, quoi ? tu veux pas te taper 900km pour moi et dépenser 300€ pour te prendre un râteau ? espèce de connard" bref une liste de critères qui en deviennent ridicules par leurs exigences mais qui dans leurs têtes sont parfaitement légitimes: ben oui pourquoi s'acheter une clio quand on peut avoir une ferrari...

 

SAUF que, mesdames les e-princesses, une relation ne se construit pas comme un entretien d'embauche. Prenons un exemple tout bête, imaginons que sur des sites de rencontres il y avait 1 nana pour 1 mec. L'offre serait égale à la demande, du coups, il serait impossible à la plupart de faire grimper les prix, vos critères seraient forcement revus à la baisse: finis les photos sur-retouchées, finis les exigences délirantes, les mensonges des mecs qui essayent désespérément de bien se faire voir ...

Quoi le monde des bisounours? me souffle t on dans mon oreillette ? oui pas faux ... mais en attendant ca serait beaucoup plus sain non ?

 

Pour conclure, je dirais juste ceci:

Une relation se construit et se base sur des échanges entre des êtres humains, pas entre des objets. Peut-être que nos e-princesses devraient un peu redescendre de leur trône et arrêter de la jouer comme dans "un diner presque parfait" , nous ne sommes pas là pour nous noter, mais pour apprendre à nous découvrir et pour ça chacun doit marcher vers l'autre...

 

Amicalement,

 

Arlequin

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 20:40

Voici la célèbre routine Champagne de Jean-Pierre Vallarino, champion du monde de close-up ( spécialité de la prestidigitation qui consiste à se produire très près des spectateurs).

 

Cette spécialité est une des base de la manipulation mentale et montre des techniques propres aux magiciens, illusionnistes, et mentalistes

 

 


 

 

 

 

 

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Published by Arlequin - dans Psycho
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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 18:44

Voilà, je rentre de vacances bien méritées, et retrouve la civilisation ( non en fait je n'étais pas en vacances mais ça fait bien de le dire en cette période )

 

J'ai donc eut la chance de discuter à nouveau avec un ami (Imperator), baroudeur du web et adepte des sites de rencontres depuis 15ans. Conscient de mon intérêt à propos des rencontres sur le Web, celui ci a accepté me faire un petit texte perso sur sa vision des sites de rencontres.

Le voici donc:

 

" Cher Arlequin,

 

Comme promis, je me fends d'un texte sur un sujet qui je sais te passionne: les rencontres sur Internet. J'espère que mon approche sera moins "psychologique" que la tienne, et plus terre à terre à partir d'exemples vécus.

 

Ce qui me surprend le plus dans ce type de rencontres, c'est le fonctionnement inverse par rapport à la réalité (IRL - In Real Life pour les incultes ). En effet, généralement IRL, tu approches une nana parce que tu as un feeling avec elle, qui est essentiellement physique, tu sens qu'il se passe un "truc", une "espèce" d'attirance qui te donne envie de la connaitre et d'en savoir plus sur elle. Parfois même tu lui roules des patins sans rien savoir ou presque d'elle. Sur Internet, c'est l'inverse, tu commences par en savoir plus sur elle, et ensuite tu la rencontres, et tu constates ou non s'il y a du feeling. Certains vont s'écrier: "non mais attend, c'est faux ce que tu dis Imperator, il y a les photos !"

Taratata jeune insolent, les photos c'est la plupart du temps pipeau et compagnie, les angles de vue sont fait pour cacher la misère, et Mr Photoshop gomme facilement pleins de défauts, sans parler des gens qui sont naturellement hyper photogénique ou l'inverse. Bref la fiabilité des photos est plus que contestables de nos jours. Ca me rappelle d'ailleurs une nana qui avait de très jolies photos et j'avoue un corps adorable. Seule chose qu'elle avait "oublié" de dire c'est qu'entre ses photos et le moment ou je l'ai rencontré elle avait pris 15kg. Un pieux mensonge me direz vous ? certes certes mais une veste assurée ...

 

L'autre point important qui m'a marqué, c'est la classification des profils: on peut regrouper les profils des sites dans 7/8 catégories ( tu as fait un article là dessus ). L'approche donc devient presque scientifique sur un site de rencontres. Tu as des critères, tu tries, tu classes, et tu te retrouves avec une liste de contacts qui peuvent t'intéresser. Du coups, tu perds un peu de ta spontanéité et le coté émotionnel est relégué au 2nd plan., étrange puisqu'une rencontre doit être à mon sens plus émotionnelle que scientifique. Là encore ça me fait penser à une rencontre que j'ai eut avec une nana sérieuse, très jolie et intelligente. Sortant d'une histoire très sérieuse, je voulais prendre un peu mon temps avant de m'engager sérieusement. J'ai malgré tout rencontré la demoiselle, le courant est bien passé mais je ne voulais pas aller plus loin que quelques chastes baisers. Le lendemain, la demoiselle en question, m'envoie un ultimatum assez particulier:" tu as 24h pour te décider, sinon je passe à un autre" Il est évident, que ne voulant pas commencer une relation sur la base d'un tel ultimatum, j'ai envoyer la donzelle se faire f****. Cet exemple est caractéristique de l'effet supermarché du Net, les nanas ont plus que le choix et se comportent comme des consommatrices. Je parle des femmes, mais les mecs font pareils, c'est juste que j'ai plus d'exemples féminins étant hétéro.

 

Enfin, ce qui me frappe beaucoup sur ce genre de sites, est le nombre de névrosées de tout poil qui hantent ses sites comme des âmes en peine. Je pense cher Arlequin, que tu dois y trouver un certain plaisir et beaucoup de cas à étudier... Mais pour ma part, je suis assez sidéré de voir autant de gens qui vont si mal, qui ont autant de problèmes psychologiques. Je pense que c'est pour cette catégorie de gens que j'ai le plus d'exemples marquants:

Ca va de la nana qui te dit que tu es génial, formidable, qui te fait un rentre dedans de dingue quand tu la rencontres, et qui te jette le lendemain sans aucune raison. Où encore de la cinglée et parano de service qui interprète tout de travers et finit par te prendre pour un monstre parce qu elle a toujours pas digérée que son ex l'ai trompé. Où bien la nana qui te dit qu'elle est amoureuse, qui t'envoie des photos à poils d'elle, et pour finalement dire avant même de t'avoir vu qu'elle te fait pas confiance ... bref une panoplie de gens complètement tarés à qui une bonne psychothérapie ferait du bien.

 

Par contre, au delà de ce tableau assez noir que je viens de tracer et au milieu de cette fange puante, tu rencontres des gens biens, qui te touchent et te bouleversent. Parfois, on me demande pourquoi je continue sur ce genre de sites, si je rencontres autant de tarées, de salopes, et d'insipides personnalités, et je sais cher ami que tu m'as déjà posé la question plus d'une fois.

 

Alors voici ma réponse: les gens biens sont rares, mais ils existent, et parfois au milieu de ce gros bordel qu'est la Vie en général, tu tombes sur des gens qui éclairent ta Vie, des amies, des amantes, des petites copines. Des gens qui te donnent envie d'y croire et d'avancer, et de continuer à être un mec bien même si parfois la situation n'est pas propice aux relations. Et tu vois mon ami, je l'ai compris encore une fois aujourd'hui, les gens bien sont rares mais il y en a encore, et ils n'ont pas de prix.

Je vais juste conclure ce texte par un petit message personnel: Tu as raison M. les gens biens gagnent toujours à la fin même si je t'ai dit le contraire. Puisses tu être heureuse et épanouie autant que possible. Il y a des rencontres qui éclairent mon chemin, et qui me donnent encore plus envie de croire en certaines valeurs et de me battre pour elles ...Alors merci à toi M. et continue de rêver et peut-être qu'à mon tour je ferais un joli tour de magie ...

 

Voilà cher Arlequin, j'espère que mon petit texte te plaira...

 

Avec toute mon amitié,

 

Imperator "

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 19:50

Article de Odieux Connard sur : http://odieuxconnard.wordpress.com/2012/08/02/street-bot/

 

Le harcèlement de rue est d’actualité.

 

Suite à diverses aventures, voici que vient sur le tapis de notre fiévreux quotidien un phénomène curieux et pourtant répandu, à savoir les filles et femmes ayant à rencontrer sur leurs chemins des individus qui, à défaut de faire preuve de poésie, n’hésitent pas à audacieusement lancer quelques remarques aux passantes pour leur proposer, entre autres, de venir partager quelques instants de convivialité avec eux dans un style qui n’est pas sans rappeler la légèreté d’un Patrick Sébastien.  En effet, une jeune flamande a réalisé un film traitant de la question, montrant ce à quoi elle avait à faire lorsqu’elle se promenait dans la rue, où quantité de personnages fleurant bon le doctorat en physique nucléaire lui lançaient des propos que l’on pourrait audacieusement qualifier de “peu subtils” (ma maîtrise des euphémismes est sans limite).

Bon remarquez, après, c’est un peu le problème avec les flamands : dans leur langue barbare, même lorsqu’ils vous lancent un salut cordial, le son sortant de leur bouche ressemble à une menace sataniste, mais là n’est pas le sujet.

Non, le sujet est que du coup, un débat s’est créé, et même si Libération se demande encore pourquoi l’assemblée ne s’en est pas encore emparée (voyons voir, on parle bien de l’assemblée qui siffle les ministres en jupe ? Attention, gros travail de journalisme pour trouver la réponse), déjà, quantité de personnes échangent via divers réseaux, dont Twitter (certains appellent ça “un débat” mais là encore, en 140 caractères, c’est conceptuel), pour expliquer qu’il y a quand même des mâles avec de sales attitudes dans les rues, et qu’il serait bon de les calmer à grands coups d’amendes dans la gueule (en cachant par exemple un tout petit policier dans tous les sacs à main, allez savoir ; et encore, parce que vu le sac à main moyen d’une donzelle, le pauvre mourrait étouffé et on ne retrouverait jamais son corps).

La couronne britannique a déjà commencé ses expérimentations génétiques pour créer un Pocket Cop

Alors, Mesdames, Mesdemoiselles, ne jetez pas l’opprobre sur les mâles ; car nous n’avons rien à voir avec tout cela : le mâle est grand, fier et modeste avant tout. Lorsque le mâle se lève, tous les animaux de la forêt le saluent et le respectent, et même le soleil hésite à trop attarder ses rayons sur lui tant sa beauté l’aveugle ; le mâle n’est pas un malotru, et à l’approche d’une femelle, il se montre courtois et lui parle, la rassure, apprend à la connaître. Le mâle écoute en plissant les yeux, comme ça, en faisant “hmmm” et “ho” de temps à autres pour faire croire que vraiment, ça l’intéresse, alors que bon, hein ? Le mâle ne force rien et attend quelque peu que, naturellement, l’opportunité d’aller manger au restaurant se fasse, que des mains se frôlent, que des regards se croisent et que bientôt naisse l’étincelle tant attendue ; il ramènera alors la douce chez lui, lui dira quelques mots doux à l’oreille qui la feront rougir tendrement, puis ils iront tous deux trouver la chambrée pour que, l’espace d’une nuit, tout ne soit plus que caresses et volupté. Finalement, elle lui dira qu’elle l’aime alors que le vent d’été passant par la fenêtre ouverte sur le ciel nocturne rafraîchira leurs corps nus, et il réagira comme il se doit en l’étouffant avec l’oreiller avant de la coincer dans la benne à recyclables en bas du bâtiment parce que, hein, merde, ça va bien 5 minutes les conneries.

Non, Mesdemoiselles, non, Mesdames ! Nous vous en conjurons, ne nous confondez pas avec ces galopins traînant ici ou là et se contentant d’invectiver la passante, car nous n’avons rien à voir pour une simple et bonne raison :

Ce sont des bots.

Je m’explique : lancer des messages grossiers à tous les passants, en masse, et d’une manière qui laisse penser que personne ne serait assez stupide pour y céder, c’est là l’oeuvre non d’hommes mais bien de vulgaires robots : bien plus que du harcèlement, c’est ce qu’il convient d’appeler du “spam de rue” (respect, amitié, spam de rue comme le chantait Akhenaton). Et tout comme pour ces derniers, même si 999 personnes sur 1 000 envoient paître les malandrins, il y a forcément quelqu’un d’assez andouille pour céder, et donc encourager les larrons à poursuivre (et même à se reproduire pour ennuyer la prochaine génération de passantes). Et c’est bien là le vrai problème, car la fautive (et il y en a forcément une) permet d’encourager les bots à reprendre leur dur labeur en se disant que ça finit par marcher, leur truc.

On peut donc légitimement se poser la question : qui est cette personne ? S’enfonce-t-elle des tournevis dans les narines pour être suffisamment stupide pour céder aux sirènes des street bots (à ne pas confondre avec les Back Street Bots, un groupe de musique redondant) ? A t-elle seulement conscience d’être à peu près aussi éveillée qu’un pruneau ?

“Psssst ! Pssssst ! Hey, Mam’zelle ! Z’êtes bien jolie !
- Huhuhuhu uiiiiiiiiiiiiii merci, hihihi !
- Ça te dirait de me filer ton 06, qu’après on aille faire, tif, taf, tu vois ?
- Holala, uiiiiii, mon rêve ! Tiens beau prince, mon numéro est griffoné sur ce bulletin d’abonnement à Closer !
- Ah ? Heu… je… bon bin, ouesh, à plus ma gazelle. Mazette, quelle conne !”

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De là, et avec un peu de chance, la bougresse aura décroché une formidable soirée romantique avec coca-kebab en entrée et clic-clac couvert de pétales de roses en dessert, le tout sur fond de Booba. Shakespeare serait probablement mort de jalousie en lisant le récit de si parfaite soirée. A moins que ça n’inspire le prochain livre de Stephenie Meyer, bien sûr.

Mais que l’on se mette bien d’accord : il n’y a ici nul homme ni mâle dans cette conversation, simplement un être qui n’existe en fait même pas en tant que tel et profite de la faiblesse d’une créature suffisamment stupide pour damner l’ensemble de ses semblables moins idiots pour des générations. Paranoïaques comme vous l’êtes, lecteurs, je sais que vous vous êtes un jour demandés si vous n’étiez pas les seuls êtres conscients, et que finalement, les autres ne faisaient que peupler votre petite histoire. Et bien, ma foi, vous n’aviez pas tout à fait tort : les street bots sont exactement cela, à savoir de simples programmes – en jogging – dans la matrice, ce qui les rend incapables de faire preuve de la moindre initiative en dehors de leur programmation, qui les pousse, elle, à suivre un schéma prédéfini. Même dans leur apparence et attitude.

“Ca va Néo ? Bien ou bien ? Viens là, on va t’poucrave !”

En effet : tout d’abord, il faut savoir que bien que basées sur des modèles d’humains bipèdes, les streets bots sont le plus souvent immobiles, mais généralement dans une position qui prouve qu’ils ne sont même pas foutus de s’adapter à leur environnement. Par exemple, lorsque le street bot est sur un banc, il n’est pas assis sur le banc (pourtant fait pour) mais sur le dossier, tant cela lui donne une stature plus grande et lui permet non seulement de dominer le reste de sa meute mais aussi de voir venir ses victimes potentielles de plus loin. Vestimentairement parlant, il peut y avoir de tout, mais on notera tout de même que généralement, l’absence de goût est visible de loin (la plus belle combinaison étant bien évidemment le jogging-chaussettes remontées-casquette-dans-le-mauvais-sens-parce-que-c’est-programmé-comme-ça qui est un peu au street bot ce que le smoking est à James Bond), même si l’on peut aussi généralement rajouter une certaine capacité à cracher par terre en boucle puisque, puisque nous avons affaire à des robots, il s’agit bien là de leur système de refroidissement à eau.

Amis de l’eau et de l’immobilité bien que relativement bruyant, il est donc souvent facile de confondre le street bot avec un phoque, même si, à la différence de ce dernier, personne ne vient tabasser le premier à coup de pioche – c’est bien dommage – pour lui voler ce qu’il porte – et là on comprend bien pourquoi.

Il en va de même avec leur vocable, qui, comme il se doit, n’est en fait composé que de bribes de phrases que leur programme va chercher dans un vieux fichier Excel pour assembler et spammer la gueuse égarée trop près de leur repaire. C’est assez simple.

D’abord, il y a l’accroche : basée sur les techniques les plus efficaces en milieu hostile, elle est constituée de bruits divers qui, en temps normal, serviraient à appeler Kiki le chien incontinent pour lui dire qu’il va faire sa promenade. Par exemple :

  • Psssst !
  • Ho, ho !
  • *sifflement*
  • Hey, hey !

Cela fait, il convient au bot d’essayer de mieux cibler sa victime en utilisant des termes qui signifient qu’il compte bien s’adresser à une damoiselle et non au tchétchène de 120 kilos qui se promène derrière. Ainsi, il peut ajouter :

  • Mam’zelle !
  • Toi !
  • La pute !
  • Salope !

Alors oui, c’est assez grossier mais il faut croire qu’en réalité, il ne s’agit pas tant de machisme robotisé qu’une forme de Tourette qui laisserait supposer qu’il s’agit là d’un virus se transmettant par l’échange de casquettes. De manière générale, la jeune fille ne se retourne pas, surtout lors de l’utilisation des deux dernières appellations (sauf bien sûr si elles sont équipées d’un UZI)

De là, une petite phrase romantique pour travailler le terrain et les choses sérieuses vont pouvoir commencer :

  • Hé, t’es bonne !
  • Vazy gazelle comment t’es mignonne
  • Ton père, il a volé toutes les étoiles du… heu… Novotel ? Et il les a …heu… mises… dans… ton cul ? C’est ça ?
  • Comment tu m’as allumé !

A noter que la dernière phrase reste symptomatique, puisqu’à en croire les bots, ils sont à peu près tout le temps allumé par tout et tout le monde, ce qui laisse supposer qu’ils sont atteints d’une forme étrange de satyriasis ou de priapisme qui fait qu’ils sont excités en permanence ou presque. Par exemple, si une fille porte une jupe, ça les allume, si une autre sort devant eux à Monoprix, ça les allume, si quelqu’un éternue, ça les allume et si Dora demande où est Babouche, ça les allume (mais là, grave). Ce qui, quelque part, explique le jogging qui est la tenue la plus simple à retirer et changer une fois qu’elle a été souillée par accident (“Désolé les gars, déjà Babouche, mais quand elle a demandé à Chipeur d’arrêter de chiper, je tenais plus“) avant d’apporter le tout, penaud, à maman pour la lessive.

Vazy on voit son nombril, comment elle allume trop !

Enfin, donc, le brigand ayant ainsi accroché sa victime peut donc lui proposer d’accomplir son but ultime : procéder à un acte plutôt sexuel avec tact et délicatesse

  • Bon, on baise ?
  • C’est bon, t’as vu comment tu t’habilles ? J’vais t’donner c’que tu veux !
  • Susmab’
  • T’as déjà vu Taxi ? Tu veux le voir ?

Dans le dernier cas, attention tout de même, on a vraiment affaire à un pervers particulièrement dangereux. Méfiance, donc, Mesdemoiselles.

Du coup, si vous voulez programmer votre propre street-bot-relou, vous n’avez donc qu’à combiner des bouts de phrases parmi les exemples précédents. Ce n’est pas bien compliqué et assez facile à faire : si des bots y arrivent, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes. Ou alors, il va falloir commencer à vous poser de sérieuses questions. Attention quand même à ne pas trop vous moquer des bots devant eux, auquel cas ils pourraient devenir potentiellement agressif et se déplacer sur quelques mètres depuis leur point d’embuscade pour tenter quelque chose ; mais que l’on se rassure, ils y retourneront vite car en dehors de leur meute, ils sont très vite perdu : d’où le téléphone avec un truc qui fait “Kresshhh ouéoué” (ils parlent de “musique”) qu’ils ont toujours à la main et qui leur permet de s’identifier auprès des leurs et de retrouver leur meute au son si jamais ils se sont trop éloignés et qu’ils ne veulent pas se retrouver isolés au risque de faire une connerie comme, par exemple, prendre une carte de bibliothèque (découvrir le fait que le monde n’est pas constitué uniquement que de 50 bribes de phrases à recombiner aléatoirement pourrait les tuer).

Alors, faut-il une loi sur le harcèlement de rue, quand, finalement, tout cela n’est jamais qu’une transposition du spam à la vie réelle ? Du coup, ne pourrait-on pas aussi la transposer à d’autres domaines autre que sexuel, pour des cas comme, par exemple, lorsque l’on est abordé 10 fois par jour par des gens qui vous suivent sur 50 mètres pour vous réclamer du pognon pour aider les enfants d’Asie et vous traitent de tous les noms si vous leur expliquez que si, si, les enfants vous adorez ça mais bien cuit avec des fayots ? Est-ce qu’à partir du moment où quelqu’un a quelque chose à vous vendre, on quitte le domaine du harcèlement pour entrer dans celui du commerce ? Dans le cas contraire, cela signifie t-il que si toutes les racailles disaient au lieu de “J’te paie un verre et puis, bon, tu vois ?” un sympathique “Tu m’achètes un verre et puis, bon, tu vois ?” de bon aloi, ils seraient considérés comme d’honnêtes commerciaux et non comme d’affreux pervers ? Le gouvernement va t-il enfin m’autoriser à transporter dans le métro ma canardière à chenapan pour enfin faire déguerpir ces accordéonistes sous acide traînant du côté du métro ?

Autant de questions qui, dans l’immédiat restent sans réponses à mon plus grand désarroi (et à celui de ma canardière), et me laissent supposer qu’il n’y a qu’une seule solution :

Lle t-shirt captcha

Une question imprimée sur votre vêtementà laquelle n’importe qui doit vous répondre avant de vous adresser la parole, du genre “Qui a écrit le deuxième sexe ?” ou “Quelle est la masse atomique de l’hydrogène ?” si vous êtes particulièrement snob et qui envoie du 220 à l’interlocuteur qui ne sait pas, ce qui vous rendrait inaccessible aux bots qui vous proposent par exemple de financer une pétition contre l’esclavagisme des enfants, ou même aux enfants eux-même qui, de toute manière, n’ont jamais rien d’intéressant à dire (c’est vrai, en avez-vous déjà entendu un seul dire “Je veux une taloche dans la gueule” ?  Alors même si tout ce qu’ils font veut plus ou moins dire ça, non, ils ne le disent jamais directement, et n’expriment donc rien d’intéressant, je suis formel), tout cela restera encore flou un bon moment. 

Alors, avant de trancher ces simples questions, et face au fait que les trottoirs sont devenus les plus grandes boîtes à spam du monde, je vous le demande : selon la loi de l’offre et de la demande, Mesdemoiselles, merci de retrouver l’unique d’entre vous sur 1000 qui accepte le genre de plans foireux des anti-Georges Abitbol de nos rues, et de la trainer devant les 999 autres pour qu’elles puissent la tabasser dans la joie et l’allégresse et faire baisser la demande de ce genre de plans.

C’est un problème à régler entre créatures sans âmes.

Pour ma part, je vais déjà me préparer ma cravate captcha pour le jour où enfin, on comprendra qu’à même maux, même remèdes : “Quel est le meilleur acteur du monde ?“ 

Et si on me répond “Robert Pattinson“, ce n’est plus un bot, c’est un blue screen of death.

 

Article de Odieux Connard sur : http://odieuxconnard.wordpress.com/2012/08/02/street-bot/

 

 

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 18:47

Alors voilà , On parle de JCVD dans tous le sens , un star, un abruti, un mec qui ne sait pas parler français ...

Tout le monde se souvient de ses paroles malheureuses , des ses metaphores pourries etc...

JCVD, Jean Claude Van Damme, est une vraie blague pour les gens ... simple constat ...

 

Personnallement, j'ai eu la chance de faire 8ans de boxe française, 4ans de musculation et 3ans de judo... je ne suis pas une star, ni un champion, juste un gars qui sait "un peu" de quoi il parle.

 

Alors voici une video, d'un homme simple, d'un homme qui a force de volonté s'est construit une Legende. Alors toi qui me lit, apprend et respecte les gens biens ... Ce n'est pas le plus beau, ce n'est pas le plus intelligent, ce n'est pas le meilleur combattant, c'est juste un mec bien, avec des valeurs, une morale et ça mon gars, ça n'a aucun prix ...

 

Merci Jean-Claude de nous montrer qu'il reste des gens biens ici bas...

 

 


 

 

 

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 18:40

Article de Anne Crignon sur : http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20120118.OBS9148/pervers-narcissiques-enquete-sur-ces-manipulateurs-de-l-amour.html

Le phénomène se répand au point que certains psys le qualifient de "mal du siècle".

 

Melody. Belle comme Audrey Hepburn. Gaie, attentive aux autres. Elle s'est pendue à 28 ans. On l'a trouvée dans la cuisine de l'appartement où elle vivait avec un homme rencontré un an plus tôt. La conséquence d'une dépression, pour les parents. Les amis savent autre chose, un scénario à peine imaginable. C'est lui qui l'a poussée au suicide. Elle allait le quitter pour un autre, alors il lui répétait qu'elle était "un monstre" et qu'il allait se suicider à cause d'elle. Un huis clos insensé, de plus en plus accusateur, et Melody s'est pendue. Elle vivait avec un manipulateur pervers. Probablement ignorait-elle tout de cette déviance. Une innocence fatale.

Toute relation toxique, bien sûr, ne conduit pas au suicide, mais le risque est là. Une prise de conscience collective affleure. On met enfin un nom sur la violence perverse dans les rapports humains. "Perversion narcissique" : l'expression est entrée dans la conversation courante. Des livres sont en kiosque dans les gares, comme celui du psychanalyste Jean-Charles Bouchoux ("les Pervers narcissiques", Eyrolles), deux fois réédité sous l'effet d'une demande croissante. Sur internet, le site SOS Pervers, ouvert en novembre dernier, reçoit plus de 1.500 visites par jour. Le savoir s'échange dans les forums de discussion.

Vampires affectifs

Taper "perversion narcissique" sur Google, c'est pénétrer un monde parallèle et funèbre. Des contributeurs sortis des griffes de leur tourmenteur viennent à la rescousse de novices déboussolés. Les initiés parlent de "PN". L'un des sites les plus visités s'appelle Pervertus - il est sous-titré "blog d'intérêt public" - et commence ainsi : "Ils représentent 3% de la population [bien plus selon les spécialistes, ndlr] et détruisent 90% de leur entourage. Eux, ce sont les manipulateurs pervers ou vampires affectifs. Allez-y : levez les yeux au ciel, grimacez, soupirez. Parler des manipulateurs, c'est comme parler des petits hommes verts... On vous rit au nez[...]. Et pourtant ils sont bien réels."

Le mal n'est pas nouveau mais en recrudescence express, selon Dominique Barbier, criminologue et expert psychiatre avignonnais, ami de Boris Cyrulnik, qui écrit un livre (à paraître cette année chez Odile Jacob) pour expliquer en quoi notre époque est une véritable "fabrique de pervers". Le consumérisme frénétique et l'affaiblissement de la fonction paternelle entraînent une intolérance à la frustration de plus en plus répandue. Cette immaturité serait le terreau fertile de la prédation morale et d'un rapport à l'autre de plus en plus utilitaire. "C'est le mal du siècle. Ce que j'observe est effrayant, dit le criminologue. N'importe qui peut tomber sous la coupe d'unpervers."

Relations toxiques

La perversion narcissique consiste à employer des moyens retors - en l'occurrence vampiriser et anémier son partenaire - pour combler une faille infiniment béante et un vide intérieur. Ce "vide vertigineux dans lequel tout affect semble avoir été éteint depuis l'enfance" dont parle Geneviève Reichert-Pagnard, psychiatre et victimologue, auteur en 2011 d'un ouvrage très fin sur "les Relations toxiques" (Ideo). Autant de femmes que d'hommes sont confrontés à la prédation morale au sein du couple. Ceux et celles, innombrables, qui ont ainsi subi une insidieuse altération de leur intégrité psychique racontent tous une semblable histoire.

Des débuts grandioses. Le manipulateur sent ce que l'autre attend. Il est caméléon le temps de ferrer sa proie. Dans ce piège amoureux, tout le monde tombe, car le temps de la séduction (phase 1) peut durer... des années. Le pervers sommeille avant exécution de ses noirs désirs : l'emprise (phase 2) et l'assujettissement (phase 3). Il va soumettre peu à peu son partenaire pour en prendre le contrôle. La bascule perverse advient à la faveur d'un événement qui scelle la dépendance, souvent l'arrivée d'un premier enfant. L'être exquis des débuts dévoile une dureté de ton qu'on ne lui soupçonnait pas et se révèle dans toute sa "dangereuse étrangeté", selon l'expression du délicat Paul-Claude Racamier, psychanalyse, inventeur de la notion de perversion narcissique, qui en 1987 posa les bases de cette difformité morale (1).

Serial killer psychologique

Dans le secret de la vie de couple, le manipulateur ou la manipulatrice se comporte en serial killer psychologique. Il ne veut pas que l'autre ait confiance en soi, il fait vaciller cette flamme. C'est un extincteur de vie. La joie de l'autre s'éteint peu à peu. "C'est une folie très répandue, mais personne ne la voit", dit François, qui a passé dix ans avec une prédatrice, rencontrée à l'issue de brillantes études d'ingénieur. Lui a dû déjouer bien des ruses au cours d'un divorce pénible. Car, malgré la loi de 2010 faisant du harcèlement psychologique dans le couple un délit, nombreux sont les magistrats et avocats qui ne savent pas reconnaître un manipulateur. Ils se font avoir, eux aussi, par la remarquable duplicité de ces comédiens-nés, leur angélisme apparent.

Impassible, jamais affecté par rien, même s'il prétend le contraire (seule la blessure d'orgueil le fait souffrir), le pervers narcissique fera passer pour déséquilibrée sa victime poussée à bout. Même les psys peuvent être bernés, car "le pervers offre à l'observateur l'air de la parfaite innocence", observe Marie-France Hirigoyen, qui en 1998 a popularisé la notion de harcèlement moral (2).

La révélation peut survenir après dix ou vingt ans de vie commune. Le visage véritable d'un mari ou d'une femme apparaît brutalement. C'est le syndrome Dorian Gray. Une fois la prise de conscience advenue, le partenaire, qui ressent depuis longtemps un malaise diffus, relit l'histoire commune à la lumière de ce nouveau savoir, mais le départ est retardé par la nature complexe du lien, la relation d'emprise, qui est une véritable prise de pouvoir sur l'esprit de l'autre. Etre équilibré ne garantit qu'une chose : la rémission rapide, une fois le cauchemar terminé.

"Le détraqueur porte un masque"

Pour les plus fragiles, quelques années seront nécessaires pour dépasser un véritable choc post-traumatique (une victime dit être "marquée au fer rouge"), d'autant que la séparation ne met pas fin au harcèlement quand le couple a des enfants. Continuer de se défouler sur l'ex-partenaire permet à l'agresseur d'offrir, du moins momentanément, un doux visage à sa nouvelle proie. On observe de la part du pervers divorcé un abus de procédures judiciaires.

Ce "détraqueur" porte un masque. Il est sociable, adorable, fréquentable, admirable, car la crispation morbide envers une proie unique, une seule, suffit à écluser sa compulsion destructrice. Ce double visage lui permet d'entraîner quelques proches qui, de bonne foi, vont croire en sa version des faits lorsqu'il inversera les rôles pour expliquer que c'est lui la victime. "L'ignorance, c'est 50% du problème",explique Isabelle Nazare-Aga, thérapeute cognitivo-comportementaliste, son énergique crinière blonde ondulant au rythme du feutre sur le tableau blanc.

Un séminaire démarre, ce samedi de novembre à l'aube, dans son appartement du 16e arrondissement parisien. Il y a là une dizaine de femmes et deux hommes. Une grande Danoise très amaigrie prend la parole. Son beau visage exprime la lassitude et le tourment. Elle n'arrive pas à quitter son mari qui, dans leur banlieue chic, se livre sur elle à un véritable tabassage moral. L'homme l'a coupée de tout, de ses amis, de sa famille. Elle est intelligente, sensible, perdue. On sent qu'elle pourrait tomber gravement malade.

Comment se défaire de l'emprise 

Durant ces deux jours intenses, nul retour sur des traumas passés pour expliquer la tolérance à l'insupportable, mais un échange salvateur entre hommes et femmes à qui Isabelle Nazare-Aga expose précisément la nature de l'emprise perverse et la façon de s'en défaire. La jolie et lumineuse Vanessa, documentaliste, demeurée célibataire et sans enfants car elle n'a plus jamais pu "faire confiance à nouveau", raconte : "A la maison, c'était humiliation sur humiliation. Il me disait : "Mets des chaussettes, tes pieds me dégoûtent", m'appelait "ma gorette" en pinçant le peu de graisse que j'avais. Je coulais petit à petit. Physiquement, je disparaissais. Je ne pesais plus que 40 kilos, mais comment prouver cela ? Pas de témoin. Aux yeux de tous, c'était moi la désaxée." Scénario type.

Affaibli par l'intense travail de culpabilisation mené par le manipulateur, incapable d'imaginer une malveillance qui lui est étrangère, le partenaire incrédule se dit avec indulgence que son mari ou sa femme, "c'est Dr Jekyll et Mr Hyde", frôlant de près une vérité qui lui échappe encore. Aussi brillant soit-il, l'assujetti a du mal à y voir clair. Une "main basse sur l'esprit", pour le psychanalyste Saverio Tomasella. Racamier parlait même d'un " véritable détournement d'intelligence ".

Le pervers reproche à l'autre la zizanie que lui-même s'évertue à semer. Agnès, radieuse serveuse de bar au fond du Finistère, revenue pour sa part sans difficulté à la vie à l'issue de "ce combat perdu d'avance", raconte : "On marchait dans la rue bras dessus, bras dessous ; tout allait bien. Trop bien pour lui, car, d'un seul coup, c'est comme s'il lui fallait impérieusement détruire et salir. Il me balançait une saloperie pour créer du confit et me le reprocher après." Il lui aura fallu quatre ans pour comprendre.

Alternance de maltraitance et de tendresse

Pas si facile d'y voir clair en effet. Qui a la culture psychiatrique pour faire la différence entre le pervers "tout le temps dans le calcul, tel un joueur d'échecs préparant son attaque cinq coups à l'avance" (selon Dominique Barbier) et la femme ou le mari difficile à vivre, instable, pas très à l'écoute et on en passe, mais doté d'affection réelle et - surtout - d'une capacité de remise en question de soi ? Seuls les gens avertis.

Pour ceux-là, le pervers narcissique, construit sur un stéréotype somme toute sommaire, devient plus facile à repérer. Il manie le chaud et le froid dans une subtile alternance de maltraitance et de tendresse. Quand l'autre est à bout, il regagne sa confiance. Son manque d'empathie est central. Il observe la souffrance avec indifférence. Sa gamme de sentiments est pauvre, c'est comme s'il ne disposait que d'une octave sur son piano émotionnel.

Il faut un véritable savoir pour repérer cette froideur de cœur, car feindre d'avoir une sensibilité qu'il sait inexistante fait partie de son art. Il vampirise l'autre jusqu'à l'épuiser - l'expression "se faire bouffer" prend tout son sens. Il est intensément jaloux d'une vie intérieure qu'il n'a pas. C'est un insatisfait chronique qui ne supporte pas le bien-être de l'autre. Il ne tient aucunement compte des besoins de son partenaire. Très vite, la relation s'articule autour de ses seuls désirs, situation ainsi résumée par Agnès : "Il occupait 90% de l'espace entre nous."

Ni remords ni culpabilité

Ni remords ni culpabilité. Il n'a jamais tort, ne demande pas pardon, sauf par stratégie. A travers chaque reproche infondé, calomnieux, adressé à sa victime, l'agresseur fait son autoportrait. Cela fera office d'aveu de ce qu'il est lui-même. Un aveu bien involontaire, car son système de relation repose sur le déni, qui est l'occultation d'une partie de la réalité. C'est d'ailleurs pourquoi son partenaire ressort de discussion (tentative de discussion, devrait- on dire) "avec le cerveau complètement embrouillé" - l'expression revient souvent dans les témoignages. "A devenir dingue, dit Paul, ancien journaliste du "Monde". Avec une personne normale, quand il y a un désaccord, chacun donne ses arguments, il y a un échange. Là, tu n'as prise sur rien. Ca rend fou."

Autre caractéristique majeure : sa façon de dénigrer, insidieusement. Avec des plaisanteries. Du sarcasme. Il rabaisse l'autre par petites touches. Ca n'a l'air de rien mais dans son flot de paroles passe un poison lent. "Je me sentais pire qu'une merde" ou "une sous-merde" : les témoignages sont récurrents là aussi. "Rien n'est plus 'blessable' qu'un narcissisme non pathologique attaqué par un narcissisme pervers", écrivait Paul-Claude Racamier, qui proposa cette définition : "Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleurs et contradictions internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d'autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance."

Expulser en l'autre son propre chaos mental

Expulser en l'autre son propre chaos mental : cette acrobatie psychiatrique est "la" raison d'être de la perversion narcissique. Le pervers manœuvre inconsciemment pour transférer chez l'autre la psychose ou la dépression qu'il cherche à éviter.

On le reconnaîtra enfin à ce que, essentiellement préoccupé de lui-même, il est constamment dans la construction de son image. Cette obsession de paraître le mène souvent haut, dans les métiers de pouvoir et de représentation, où son bel habit social, sa brillance bien souvent, le hisse au-dessus de tout soupçon. "C'est parmi ces manipulateurs destructeurs qu'on trouve les plus grands imposteurs, mystificateurs et escrocs", dit le docteur Geneviève Reichert-Pagnard. Savoir reconnaître un pervers narcissique, c'est repérer ceux qui passent au fil de l'actualité politique, intellectuelle, artistique.

Pas de thérapie possible

Espérer un amendement, voire une guérison est généralement illusoire. "Ca n'est pas une maladie, ça ne se soigne pas. Il n'y a pas de médicament, pas de thérapie possible, dit Dominique Barbier, l'expert avignonnais. Ces gens ne sont pas demandeurs et ne consultent pas, sauf par calcul, pour donner de faux signes de bonne volonté. La problématique relève de la justice et de la police, en aucun cas de la médecine. Ce sont des salopards qui ne changeront jamais." Il n'est pas le seul thérapeute à en perdre la réserve d'usage.

Nulle mention de ce profil dans le DSM-IV, manuel de classification internationale des troubles mentaux. La notion se cherche. Pour certains, il ne faut pas craindre de parler de véritable déviance morale et de poser la question du mal, comme le fit Scott Peck, psychiatre américain. Pour d'autres, c'est une psychose sans symptômes apparents, avec une dimension paranoïaque, ou "psychose blanche", une maladie incurable. On pourrait classer le manipulateur sur une échelle de 1 à 10 selon la toxicité.

Du tyran domestique au sadique

Niveau 3, le tyran domestique, réfugié dans le déni, qui, pour ne pas sombrer, blesse l'autre involontairement ; niveau 8, le sadique qui se défoule en jouissant de la douleur morale qu'il inflige sciemment. Quoi qu'il en soit, même un "petit" PN fait de considérables dégâts. On ne gagne jamais face à lui. On ne peut que s'en aller.

Et c'est ainsi que la perversion narcissique laisse un nombre grandissant d'hommes et de femmes dans un état de sidération, une fois achevée cette leçon de ténèbres. Après inventaire du désastre, on comprend qu'à l'occasion d'une discussion sur internet où des femmes s'interrogeaient sur la rémission possible de "leur" PN, un thérapeute ait déposé cet avertissement :"Je suis psychiatre. Mais jamais je ne croiserai le fer avec un pervers narcissique."

(1) " Le Génie des origines. psychanalyse et psychoses ", Payot, 1992.

(2) " Le harcèlement moral", La Découverte / Syros, 1998.

 

(Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 19 janvier 2012)

 

Article de Anne Crignon sur : http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20120118.OBS9148/pervers-narcissiques-enquete-sur-ces-manipulateurs-de-l-amour.html

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 21:38

Article de Jean-François Dortier sur http://www.scienceshumaines.com/la-tyrannie-de-la-beaute_fr_22384.html

 

La beauté est injuste. Elle crée des inégalités entre individus qui, bien que non dites, ont de très fortes implications sur le marché de l’amour ou sur celui du travail. Par Jean-François Dortier.

On peut débattre sans fin de la beauté. La laideur, elle, est indiscutable.

Dans Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre se rappelle comme d’un véritable traumatisme le jour où, à l’âge de 7 ans, on lui a coupé les cheveux. Jusque-là, il portait une longue chevelure blonde et bouclée qui cachait un visage enfantin. Mais d’un seul coup sa nouvelle coiffure va révéler à la famille ce qu’elle n’avait pas voulu reconnaître : l’enfant est très laid et il louche. C’est l’effroi quand il rentre à la maison, tondu. Sa mère s’enferme dans sa chambre pour pleurer. Son grand-père est atterré. Il « avait confié au coiffeur une petite merveille, on lui avait rendu un crapaud : c’était saper à la base ses futurs émerveillements. » Plus tard, grâce à son génie, Sartre saura compenser sa laideur – sa taille de nabot, son regard de travers, sa voix nasillarde – et deviendra un vrai séducteur.

Mais tous les laiderons n’ont pas du génie, et sur eux pèse une malédiction. Car la laideur physique est un lourd handicap, sur le marché de l’amour comme sur le marché du travail. Dans L’Histoire de la laideur (1), Umberto Eco rapporte le destin peu enviable de ceux que la nature a défavorisés. L’histoire réserve un sort piteux à ceux qui ont eu le malheur de naître difformes, hideux, sans grâce. Dans la peinture occidentale, la laideur est associée à la souffrance, l’enfer, les monstres, l’obscène, le diable, la sorcellerie, le satanisme. Car la laideur suscite le dégoût, mais aussi la peur, la dérision, au mieux la compassion. Dans l’imaginaire populaire, la laideur a toujours été associée à la méchanceté, à la folie, à la bêtise. Jérôme Bosch peint des êtres difformes qui peuplent l’enfer. Dans les contes populaires, la sorcière a toujours été dépeinte comme une femme vieille, méchante et « laide » : nez crochu, sourire satanique, dos courbé, menton en galoche. La laideur a souvent été assimilée à ce qui est tordu, courbé, fripé, ridé, balafré, difforme, petit, gros, gras et vieux.

La beauté est-elle universelle ?

Les traits associés à la laideur dessinent en creux les critères de la beauté que l’on assimile souvent à un corps jeune, symétrique, lisse, droit, mince, grand. Reste à savoir si ces canons sont universels. La question oppose deux camps. Pour les historiens comme Georges Vigarello, « rien de plus culturel que la beauté physique» (2). La peinture fournit des preuves évidentes de la relativité des canons de beauté selon les époques. Il suffit de voir comment l’on a peint les Trois Grâces au fil du temps (encadré p. 40) . La littérature fournit aussi un précieux témoignage : Ronsart vante la « divine corpulence » de sa belle ; Alexandre Dumas s’extasie sur les charmes d’une amoureuse « hardie de poitrine et cambrée de hanches » .

Les anthropologues ont de nombreux arguments montrant la relativité des critères selon les sociétés. Les femmes mursi appelées « négresses à plateau » n’ont rien pour charmer le regard des Occidentaux ; les pieds de certaines Chinoises, atrophiés par des bandages, avaient, paraît-il, leur charme au regard des hommes ; les vénus hottentotes arborent des fessiers hypertrophiés très prisés des Bushmen, etc.

Mais au-delà des variations historiques et sociales, n’existerait-il pas tout de même des critères de beauté universels ? C’est ce que pensent beaucoup de psychologues adeptes de l’approche évolutionniste. Leurs arguments ? Depuis une vingtaine d’années, de très nombreuses expériences ont été menées sur les critères de physical attractiveness (3). La méthode la plus courante consiste à proposer à des personnes de comparer deux portraits pour choisir le plus attirant. Il est même possible de modifier les paramètres d’un visage par ordinateur pour voir comment telle ou telle modification opère. Plus ou moins rond, plus ou moins jeune…, à ce jeu, des constantes se dégagent nettement.

Tout d’abord, il apparaît que les traits « néoténiques » d’un visage (petit nez et grand yeux) sont plus attractifs que d’autres, ce qui disqualifie les visages âgés aux traits complexes. On préférera les traits « enfantins ». Les traits de la vieillesse : rides, teint de la peau, tâches sont discrédités. Inversement, la maturité de certains traits peut s’avérer plus attrayante. On préfère en général les visages sans bajoues et aux pommettes saillantes. Une autre caractéristique est la symétrie. Un visage globalement symétrique est jugé plus beau. Enfin, la forme moyenne de l’ovale fait référence en matière de beauté. Un visage « normal » n’est ni rond ni carré.

Tout bien considéré, l’opposition entre universalité et relativité de la beauté n’a rien d’irréductible. Regardons les nus féminins que nous offrent la peinture, la photographie, la mode (4). Ils peuvent présenter des femmes plus ou moins rondes, celles-ci sont jeunes. De même les hommes, de l’éphèbe grec à l’homme mûr de la Renaissance. Leurs proportions harmonieuses affichent bonne santé et vigueur. Ni les freluquets, ni les obèses ne sont jamais pris comme étalons de beauté. Voilà pourquoi les garçons savent d’instinct qu’en rentrant le ventre et gonflant les pectoraux, ils auront plus de chance de plaire.

L’appréciation de la beauté varie bien selon les époques et les cultures. Mais cette variation se fait autour de quelques attracteurs esthétiques. Jamais l’on ne verra des dents mal plantées, des boutons sur le visage, une grimace, des rides, des tâches comme canons de beauté. Il y a peu de chance pour que quelque part dans le monde les gens préfèrent le portrait de l’auteur de ces lignes à celui de George Clooney (si c’est le cas, merci de me communiquer les coordonnées de ce peuple étrange).

Ce qui est beau est bien

La beauté est injuste car très inégalitaire. Mais ce n’est pas tout. S’y ajoute un constat plus cruel encore : le beau possède le privilège supplémentaire d’être associé à ce qui est bon et bien. Le lien entre « beau » et « bien » s’ancre dans le langage, même là où les deux mots sont parfois synonymes. On dit une « belle personne » en parlant de ses qualités morales et « vilain » est synonyme de « méchant », comme s’il suffisait d’être beau pour être paré de toutes les autres qualités. Les enquêtes de psychologie sociale le confirment : la beauté est spontanément liée à l’intelligence, la gentillesse, la santé, la sympathie, etc. En somme, « ce qui est beau est bien » comme le résument Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, auteurs d’une étude sur les représentations sociales de la beauté et de ses stéréotypes associés (5).

L’histoire des représentations de la beauté et de la laideur confirme le fait. De tout temps, l’imaginaire de la laideur fut associé au mal (6), en correspondance avec les monstres, le diable, le pervers, le malade ; elle est maléfique et entraîne répulsion et crainte.

On peut alors se demander quel impact la beauté a dans la vie quotidienne. Fondamental (7) ! Ses facteurs pourraient jouer, de façon plus ou moins consciente, non seulement en amour, mais aussi à l’école, sur le marché du travail ou dans la justice.

La sélection beau/laid opère dès l’école. Elle s’initie dès la cour de récréation où les attaques contre les « moches » se révèlent impitoyables. De nombreux enfants souffrent en silence des persécutions faites à ceux qui ont le malheur d’être trop gros, trop petits, de loucher ou d’avoir les dents mal plantées.

Il se peut que les enseignants – à leur corps défendant bien sûr – puissent avoir aussi une préférence pour les beaux. Prenez une pile de copies et faites la corriger par un groupe de professeurs. Relevez les notes puis proposez les mêmes copies à un autre groupe d’enseignants en y adjoignant la photographie des étudiant(e)s. Résultat : les physiques avenants améliorent leur note, les physiques ingrats perdent des points (8). À l’oral, le phénomène est évidemment encore plus marqué. L’apparence joue en faveur des plus beaux sans que les enseignants en aient conscience, bien sûr.

De l’école au travail, la sélection par le beau

Le même protocole peut être appliqué aux entretiens d’embauche. Le sociologue Jean François Amadieu, professeur à l’université de Paris-I, a réalisé des expériences au constat sans appel. Un visage disgracieux sur une photo de candidature est un handicap certain. De même, un CV avec un visage d’obèse a moins de probabilités de décrocher un entretien d’embauche qu’un autre (9). Les Anglo-Saxons ont accumulé bien d’autres travaux sur les discriminations, qu’elles soient liées à la petite taille, l’obésité ou la laideur physique et à leurs impacts sur le déroulement de carrière. Au travail, être grand et beau est un avantage, y compris en matière de salaire.

La beauté joue donc dans la sélection. Ce fait est encore renforcé dans nos sociétés de services où les relations publiques sont plus importantes que dans les sociétés industrielles. Certaines entreprises recrutent en tenant compte explicitement de l’esthétique. C’est le cas pour certaines tâches de représentation : hôtesse d’accueil, de l’air, steward, présentateur de télévision, etc. Mais dans de nombreux autres cas, le critère esthétique opère sans être explicite : un manager qui recrute sa secrétaire, un chef qui recrute dans son service, un salon de coiffure ou un magasin de vêtements – il est toujours mieux pour l’image de marque d’une entreprise que les salariés qui la représentent soient beaux. Même à l’intérieur des équipes, bien qu’il n’y ait pas d’enjeu de représentation, le phénomène joue a priori . Dans les relations sociales ordinaires entre collègues, il a été démontré par des sociologues que les personnes les plus belles attirent plus de sympathie de la part de leurs collègues. On recherche plus volontiers leur compagnie. Inversement, il y a une mise à l’écart des obèses, des laids ou des handicapés. La discrimination par la beauté qui existait déjà à l’école se poursuit au travail.

Elle se retrouve aussi dans la justice. Face aux juges, le « délit de sale gueule » joue un rôle et une mine patibulaire appelle plus de suspicion qu’un visage d’ange.

C’est incontestablement sur le marché de l’amour que la loi de la beauté est la plus implacable. Et la plus cruelle. En dépit de « l’amoureusement correct » qui voudrait que l’on aime une personne d’abord pour sa personnalité, sa générosité, son intelligence, son humour…, la beauté reste le facteur prédominant dans l’attraction entre les êtres.

Les beaux vers les beaux, les laids vers les laids

Une belle gueule a évidemment infiniment plus de chance de pouvoir séduire la femme de ses rêves qu’un laideron. Et tout le monde n’a pas le bagout et l’intelligence de Sartre pour compenser un physique ingrat. De ce point de vue, la sélection par le beau est assez intraitable. Seuls quelques romanciers ont osé aborder sans fard ce tabou. La laideur contraint souvent à ne séduire que les personnes qui sont à sa portée, c’est-à-dire ceux qui vous ressemblent. Dans Le Goût des femmes laides (Gallimard, 2005), l’écrivain Roger Millet met en scène un personnage très laid qui, poussé par le goût de la conquête et du sexe, doit se contenter de ne séduire que des femmes laides. Il devient une sorte de Don Juan des réprouvées. Dans Extension du domaine de la lutte (Nadeau, 1994), Michel Houellebecq relate la misère sexuelle et la frustration d’un homme sans charme.

Sur ce point, le constat des sociologues rejoint celui de la psychologie évolutionniste et le constat courant que chacun peut faire. Les femmes accordent, il est vrai, un peu moins d’importance au physique dans leurs relations amoureuses. Mais, en général, une femme ne tombe amoureuse d’un homme plus laid et vieux que s’il a un statut social supérieur et une position prestigieuse. Il arrive certes parfois que la plus belle et charmante fille du lycée, du quartier, de la fac, s’entiche d’un sale type : laid, stupide et sans attraits apparents. Mais ces exceptions sont rares. Elles sont remarquables justement parce qu’exceptionnelles. De même, certains hommes préfèrent les femmes plus âgées, ou grosses, alors que l’âge et le poids constituent en général un handicap dans la séduction. Le marché de l’amour a ses lois. La beauté offre un précieux « capital de séduction » plus ou moins élevé. Ce capital est un facteur d’inégalités très fortes dans les relations humaines en général et les relations amoureuses en particulier. Injustice supplémentaire : ce capital est en partie héréditaire.

Bref, c’est triste à constater, à l’école, au travail, en amour, en amitié et dans les relations humaines en général, il vaut mieux être beau. Cela compte de façon significative dans le jugement porté sur nous. On comprend dans ces conditions que le maquillage, la musculation, les régimes amaigrissants, les produits « antiâge », antirides, la chirurgie esthétique, le Botox, bref tout ce que l’industrie de la beauté peut proposer, se portent bien. L’importance que l’on accorde aux apparences est tout sauf de la futilité. La beauté est un atout considérable dans les relations humaines.

 

NOTES :

(1) Umberto Eco (dir.), L’Histoire de la laideur , Flammarion, 2007.
(2) Georges Vigarello, « Années folles, le corps métamorphosé », Sciences Humaines , numéro spécial, n° 4, nov.-déc. 2005. Voir aussi Histoire de la beauté. Le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours , Seuil, 2004.
(3) David M. Buss, The Evolution of Desire , BasicBooks, 1994 ; Michael R. Cunningham et al. , « “Their ideas of beauty are, on the whole, the same as ours” : Consistency and variability in the cross-cultural perception of female physical attractiveness », Journal of Personality & social psychology , vol. LXVIII, n° 2, février 1995.
(4) Umberto Eco (dir.), op. cit.
(5) Jean-Yves Baudouin et Guy Tiberghien, Ce qui est beau… est bien. Psychosociobiologie de la beauté , Presses universitaires de Grenoble, 2004.
(6) Umberto Eco (dir.), op. cit.
(7) Voir Karen Dion, Ellen Berscheid et Elaine Walster, « What is beautiful is good », Journal of Personality & Social Psychology , vol. XXIV, n° 3, décembre 1972, et Alice Eagly et al., « What is beautiful is good, but… : A meta-analytic review of research on the physical attractiveness stereotype », Psychological Bulletin, vol. CX, n° 1, juillet 1991.
(8) David Landy et Harold Sigall, « Beauty is talent: Task evaluation as a function of the performer’s physical attractivness », Journal of Personnality & Social Psychology , vol. XXIX, n° 3, mars 1974.
(9) Jean-François Amadieu, Le Poids des apparences. Beauté, amour et gloire , Odile Jacob, 2002.

 

Article de Jean-François Dortier sur http://www.scienceshumaines.com/la-tyrannie-de-la-beaute_fr_22384.html

 

 

 

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Published by Arlequin - dans Psycho
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